Unilever prêt à se délester de l'alimentaire pour devenir un géant de la beauté
information fournie par Zonebourse 31/03/2026 à 11:37
Dans un communiqué diffusé dans la matinée, le groupe souligne que des travaux sont en cours afin de convenir et de finaliser une transaction "stratégique" et qu'il est possible qu'un accord soit conclu dès aujourd'hui, même si rien ne garantit que ces négociations aboutissent.
Ces informations surviennent alors qu'Unilever avait reconnu, il y a une dizaine de jours, l'existence de discussions visant à regrouper sa filiale alimentaire avec McCormick, comme l'avait précédemment rapporté le Wall Street Journal.
Si une transaction devait se matérialiser, il est actuellement envisagé qu'elle prenne la forme d'une combinaison d'Unilever Foods, en dehors de certaines parties du portefeuille agroalimentaire comme l'activité en Inde, avec le groupe basé dans le Maryland qui détient entre autres les épices Ducros et les préparations pour desserts Vahiné.
La transaction serait réalisée avec une contrepartie composée en majeure partie d'actions McCormick, ainsi qu'une composante initiale en numéraire d'environ 15,7 milliards de dollars.
Aux termes du rapprochement, Unilever et ses actionnaires détiendraient 65% de l'ensemble combiné.
La transaction serait réalisée via un Reverse Morris Trust, un dispositif censé être exonéré d'impôt fédéral américain pour Unilever et ses actionnaires.
Des réactions favorables de la part de certains analystes
Sur Euronext Amsterdam, l'action Unilever évoluait sans grande direction mardi en milieu de matinée ( 0,8%), illustrant bien les divergences de vues des investisseurs sur la pertinence de l'opération.
Chez Oddo BHF, on souligne que le projet permettrait à Unilever, en se séparant de la majeure partie de ses activités dans la nutrition (Inde exceptée), de se transformer en un "pure player" (spécialiste) de l'hygiène, des soins personnels, de la santé grand public et de la beauté (HPC), avec un positionnement principalement axé autour de ses marques de premier plan que sont Axe et Dove.
"Les quelque 16 milliards en cash qui pourraient être obtenus dans le cadre de l'opération donneraient à Unilever l'opportunité de muscler sa présence opérationnelle sur le marché via une acquisition", souligne la société de Bourse.
La banque privée retient comme cibles potentiellement intéressantes les britanniques Haleon et Reckitt en raison des complémentarités affichées en termes géographiques et au niveau de l'offre.
Oddo cite également l'espagnol Puig, actuellement convoité par Estée Lauder, en raison de l'intérêt manifesté par le nouveau directeur général d'Unilever, Fernando Fernandez, pour le segment de la beauté dite de "prestige" (parfums positionnés sur le haut de gamme). Celui-ci est en effet issu de la division de beauté et de bien-être du groupe, son principal moteur de croissance à l'heure actuelle.
"Quoiqu'il advienne, les opérations de fusions-acquisitions (M&A) devraient continuer", pronostique Oddo.
Face aux comportements changeants des consommateurs, qui se montrent plus disciplinés sur leurs achats alimentaires en raison des tensions inflationnistes et de préoccupations pour leur santé tout en maintenant leurs achats "plaisir" dans la beauté, les transactions dans le secteur de la consommation courante semblent connaître un nouveau souffle en ce début d'année 2026.
Du point de vue de l'établissement financier, le plus important est qu'Unilever soit désormais sur le point de mettre fin à 26 années de conglomérat qui pesait sur son cours de Bourse.
"Dans cette optique, nous voyons un clair potentiel de revalorisation vers un PER de 20x à 12 mois, contre 16x au cours actuel", relève-t-il, maintenant son opinion "surperformance" sur la valeur.
Du côté des analystes d'ING, on note que les 15,7 milliards de dollars levés dans le cadre de l'opération - soit près de 11% de la capitalisation du groupe - représenteraient un montant "significatif" s'ils devaient être consacrés à des rachats d'actions.
Unilever affichait en effet une valorisation boursière de plus de 115,6 milliards d'euros aux cours de mardi matin.
A New York, McCormick est quant à lui valorisé 14,4 milliards de dollars, c'est-à-dire autour de 12,5 milliards d'euros.
Une opération qui ne convainc pas RBC
Ce décalage important fait tiquer les équipes de RBC, qui se disent loin d'être impressionnées par l'opération dans une note diffusée ce matin.
"Le problème du deal qui est envisagé réside, selon nous, dans le fait que l'entité issue de l'opération - dont Unilever détiendrait environ 65% - serait nettement moins concentrée que par le passé", souligne le broker canadien.
"Cela contredit l'argument avancé jusqu'ici par Unilever pour conserver son activité alimentaire, à savoir sa forte concentration autour de deux marques (Hellmann's et Knorr) qui en faisait un actif de valeur au sein du groupe", fait-il valoir.
"Nous voyons mal la logique de détenir maintenant une participation qui ne serait que partielle dans une activité encore moins concentrée", poursuit RBC.
"Si cette lecture se confirme (...), Unilever se retrouverait avec une participation minoritaire renforcée dans une activité encore plus complexe, plutôt qu'avec le contrôle total d'un business dominé par deux marques clés", ajoute le courtier. "A ce stade, cela ne nous paraît pas particulièrement séduisant".
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